Jabber (oui je donne des petits noms) est un groupe que j’affectionne depuis 2015.
Tout particulièrement depuis leur titre « Fog ».
Fog (brouillard) est une ode au malaise. La voix d’Ana Zimmer et les synthés des garçons vous embarquent dans un voyage sensoriel délicat, frissonnant et violent.
On se souvient longtemps des claques musicales et visuelles. (ici le clip pour que vous frissonniez autant que moi)

Depuis, je n’ai eu de cesse de les suivre. De loin.
Puis, Instagram, ce merveilleux outil qui te permet de discuter en direct avec les artistes, à mis en relation mon oeil et les garçons.
C’est alors qu’ils m’ont annoncé, que désormais ils proposaient une performance DJset.
Jabber ? En DJset ?
Pour ma part, l’exercice du dj set c’est tout ou rien, soit on pénètre dans l’univers musical de l’artiste et on prend une claque monstrueuse car il est rare d’aimer un artiste sans aimer son univers musical (CQFD hein) soit on s’ennuie et on se dit « ouais, autant mettre une playlist spoti » –

Ils me proposent de venir les rejoindre à la première édition du Kraken festival aux sables d’Olonne.

J’embarque mon meilleur ami (enfin c’est plutôt lui qui m’embarque dans son trafic, moi je me contente de regarder le paysage en lançant de manière random « c’est beau quand même la Charente-Maritime).
On arrive sur le site du festival. Un immense parking situé près d’un complexe sportif. On se retrouve entre des cheveux qui volent au vent et des bottes en plastiques dignes d’un after palourde. Des pancartes publicitaires vantant les mérites des moules frites de Patrick au 3ème rond-point à droite et des énormes nains gonflés à bloc par la Chouffe (bière officielle du festival).
On sent l’impact familial du festival.

Avant l’arrivée de Jabber, le groupe lyonnais Yeast distille une pop à l’anglaise, oscillant entre Phoenix (autre groupe français anglais tavu) et n’importe quel groupe indépendant anglais des années 2000. Ce qui personnellement me va très bien car j’ai passé mon adolescence sur myspace à écouter tout ce qui venait de l’outre-manche. Yeast, c’est sympa, ça sonne bien, la prestation scénique est très chouette. Ce qui nous surprend un peu c’est l’effet pyrotechnique. Des flammes jaillissent sur les côtés de scène à la manière de Mad Max. On comprend pas trop, Dj Snake n’est pourtant pas programmé mais soit. C’est marrant, ça attire l’oeil, ça chauffe et surtout ça ne laisse absolument pas présager l’explosion de confettis en plein milieu du live.

OK. On n’était pas prêt.

Jabberwocky s’installe doucement.

Et moi, j’enclenche mon appareil.
C’est une découverte. Pour nous, pour le public. C’est toujours déroutant de retrouver un groupe qu’on aime là où l’on l’attend le moins. Ils sont trois, ils sont en dj set, on cherche à savoir s’il ne vont pas se marcher dessus. Jabber sort des schémas classique et surprend au vol. On commence par une pop délicate, qui enchante et fait danser le public légèrement. Puis le classique « i feeeeeeel loooooooveeeeeeeeeeee » amorce le passage du doux disco à la violente techno.

Et on danse de plus belle. On laisse notre corps parler, on se décale un peu des barrières et on bouge. On ne s’attend pas à ces transitions qui soigne nos oreilles et résonne dans nos coeurs. J’ai pratiquement photographié tous le concert. 1h00 l’oeil fixé dans mon objectif, et les oreilles perdues dans les sonorités. L’effet pyrotechnique était présent et on a eu aussi les confettis. Que je n’ai bien sur pas capturé car je n’étais pas prête (cf plus haut).

Jabber réussit l’exercice de surprendre son public, de fidéliser les anciens et de séduire encore et toujours.

J’y retournerai, avec joie. Je n’oublierai jamais Fog. Mais, soyez sûr que si vous voyez Jabberwocky en dj set inscrit au line up, fermez vos yeux et laissez-vous aller.