Il y a quelques temps, on est partis pour deux jours de festival à 2 heures de Dijon, au bas des pistes de Métabief, dans le Doubs. Pour la 19ème édition, le Festival de la Paille annonçait une programmation variée, satisfaisant ainsi le plus grand nombre. Feu! Chatterton laissait sa place à Ultra Vomit, Eddy de Pretto à Bob Sinclar…

On doit bien l’avouer, le Festival de la Paille a gagné notre coeur. 

 

JOUR 1

Depuis Dijon, les 2 heures de route passent en un éclair. Il suffit de se lancer la playlist de la programmation, admirer les reliefs qui se dressent devant nous et se laisser porter par ces petites routes de montagne. 

On arrive aux abords du festival ; on comprend que le stationnement ne sera pas aisé. Métabief n’est sans doute pas prêt pour accueillir 25 000 personnes. Il y a toutefois beaucoup de navettes et plusieurs parkings relais. 

Le site s’offre à nous. On s’émerveille de lever la tête et voir en face de nous les télésièges et cette forêt dominante. Le lieu est fabuleux et nous donne envie de le voir enneigé, avec des moon boots et un chocolat chaud entre les mains. Festival de la Paille, tu nous entends ? 

On fait un tour rapide des lieux. Deux scènes, un espace VIP qui surplombe le site, divers kiosques de nourriture et de boissons (ce qui a permis tout au long du festival de rarement attendre pour commander une bière. Et ça, c’est priceless).

Bysshe ouvre les festivités. On sent le public prêt à se donner sur ces deux jours de festival. Le groupe est timide mais arrive quand même à fédérer. 

La foule commence son va-et-vient et se précipite vers la scène principale pour retrouver Clara Luciani. Fidèle à elle-même (peut-être même un peu trop puisque les enchaînements de phrase et d’accroches du public sont les mêmes d’un concert à un autre). 

C’est Caesaria qui reprend le contrôle du festival et qui arrive enfin à déchaîner les foules. Sortis de nulle part, ces quatre franc-comtois ont su retourner le Festival de la Paille. On découvre un rock teinté d’électro, remuant, incisif, percutant. On interroge au hasard trois quatre spectateurs extatiques « Vous les connaissiez ? – Non, mais c’était incroyable !». 

Et on doit admettre qu’ils avaient bien raison. 

Bain de foule, jeu de scène, la copie mérite un 20/20 et je pense qu’on n’a pas fini de parler d’eux par ici. 

Il est temps pour nous de retrouver Tiffany, chargée de com, et Romain pour une visite du Festival. Pour sa 19ème édition, la famille de la Paille a encore répondue présente. 500 bénévoles, toujours avec le sourire, ont travaillé depuis des semaines pour peaufiner l’évènement. On se promène en backstage, découvre l’organisation. On a même le droit d’aller derrière la scène pendant le concert de Dionysos, et c’est une émotion particulière de découvrir la foule surexcitée, face à l’immensité de la montagne qui surplombe le festival. 

La pluie commence à s’installer, mais c’est loin de décourager le public qui ne redescend pas dans l’enthousiasme depuis le passage de Dionysos. C’est beau à voir. 

Eddy de Pretto fait son entrée vers 23h. La foule l’attend, malgré la pluie torrentielle. Le festival entier est amassé autour de la scène. Il assure son rôle de tête d’affiche en offrant un show de qualité, sans fausse note. L’ambiance est là. 

Rien à redire pour cette première journée. 

JOUR 2 

La deuxième journée a débuté par un message du Festival nous conseillant d’apporter bottes de pluie et kway : le terrain devenait boueux et la météo ne s’annonçait pas clémente. 

Bons élèves, notre arrivée sur le site s’est donc faite équipés de bottes en caoutchouc pour rivaliser avec n’importe quel sapologue du Doubs. Ouais, on est comme ça chez Beau Voir. 

C’est Aldebert qui a ouvert le festival. Un gars du coin, je crois. Un concert à destination des enfants, dans l’humour, le spectacle. Loin de Caesaria, tu l’auras compris, ce qui nous a fait regretter la playlist des ingés son pendant les balances. On doit tout de même souligner que les gens venus en famille étaient ravis – les parents qui portaient leurs enfants sur les épaules avec les bottes en caoutchouc pleines de boue sur le torse, un peu moins. 

Lobster, soutenu par la Ville de Besançon via le dispositif Émergences en 2018, a pris le relais sur la petite scène. Une pop rock rafraîchissante, hésitante mais prometteuse. 

On ne mentira pas, on s’est quand même vite précipités sur la grande scène pour attendre Feu! Chatterton, la pépite de cette programmation 2019.
Un cadre adéquat pour interpréter leurs nouveaux titres de l’Oiseleur, teintés d’une mélancolie lumineuse dont la grâce s’est décuplée par l’envergue des lieux. Qu’on s’entende : cet état d’ébahissement n’a pas paralysé le public. Bien au contraire, le rythme de la Malinche a su faire bouger Métabief. Un rock urgent, rythmé et mélodique rehaussé par des textes puissants.

Fin de chantier. 

Se sont succédés en suite Mystical Faya et Ultra Vomit. On t’avouera que même si le gros karma chenille de «I Like to Vomit Vomit» était tentant, on a préféré s’abriter et assister à la dégustation de bières locales. 

On a retrouvé Gringe deux heures plus tard, sur la petite scène. Un peu étonnant. On l’a senti peu emballé. Ça ne sera pas sa meilleure prestation.

Notre Festival de la Paille s’est personnellement clôturé par Bon Entendeur. Les deux prodiges des mixtapes Youtube ont parcouru beaucoup de chemin depuis leur mise en musique des discours de Chirac. On retrouve un show visuellement splendide dans la nuit de Métabief. Et force est de constater que malgré le terrain glissant de boue et le froid, les «tam tam dada, tam tam dada, tam tam dada» d’Isabelle Pierre sur «Le temps est bon» ont réchauffé tout le monde. 

Ces dernières notes hurlées de manière plus ou moins justes dans la nuit, au bord des pistes, une bière à la main, avec la bonne humeur ambiante… on ne pouvait rêver mieux pour un clap de fin de cette 19ème édition. 

MON AVIS SUR LE FESTIVAL 

J’aurai l’occasion de te parler des autres festivals découverts cet été, mais je dois d’ores et déjà spoiler le vainqueur : c’est le Festival de la Paille. Sans hé-si-ta-tion. 

À seulement 2 heures de Dijon, j’ignore pourquoi je n’ai jamais pris la peine de venir découvrir ce festival. Le pass 2 jours est à seulement 52€, et vu la programmation, tu auras bien compris que ça les vaut. 

L’ORGANISATION 

La première chose qui m’a frappée dans la communication liée autour du festival, c’était la volonté de prôner le local, le circuit court, l’implication des bénévoles. En clair, une famille, et je pense que c’est là l’atout premier du festival. 

Un accueil inédit, inégalable sur l’ensemble des rassemblements musicaux parcourus cet été. Difficile de garder le sourire et la sympathie quand t’es debout depuis 5h, les pieds dans la boue à gérer un public parfois éméché. Et pourtant. 

C’est aussi le Doubs qui fait ça. On a visité un peu Pontarlier, et on doit admettre qu’on était assez déroutés par la gentillesse globale des gens. L’impression de vivre un weekend privilégié, dans un lieu et une communauté accueillante et chaleureuse. 

Deux choses très importantes à retenir : la volonté d’avoir un impact environnemental raisonné et la création d’un lien social avec les bénévoles, en partenariat avec l’association SolMiRé pour venir en aide aux jeunes demandeurs d’asile. 

Deux valeurs essentielles à mes yeux qui ont trouvé leur grâce tout au long du festival. 

LES PLUS 

  • Le Festival de la Paille nous a donné une bonne leçon et nous a rappelé qu’on peut faire la fête en famille, avec n’importe quelle météo. On a retrouvé un public dévoué pour les artistes, répondant et généreux.
  • Bien qu’il y ait quelques trous dans notre récit du fait de notre absence à certains concerts (et la pointe de cynisme sur Aldebert, on s’excuse, vraiment…), il faut bien admettre que cette programmation éclectique est aussi la force fédératrice et globalisante du Festival de la Paille. Tout le monde a pu trouver son compte : les familles avec les enfants, les métaleux, les amateurs de skas, les adeptes de variétés, les amoureux du rock…
    Impossible, à mon sens, de ne pas trouver chaussure à son pied dans cette programmation.
  • Les consommations et l’entrée du Festival étaient très très abordables. 

LES MOINS

  • Le seul point négatif à retenir de cette édition fut l’accessibilité en voiture. 

EN BREF

Tu l’auras compris, on garde un souvenir doux et chaleureux de cette 19ème édition du Festival qui nous a fait dire à qui voulait l’entendre «à l’année prochaine hein !!». 

On a mis quelques jours à s’en remettre, à être un peu sonnés à la boulangerie près de chez nous par le décalage de gentillesse, et à secrètement chantonner «tam tam dada» en souvenir de ce weekend de festival. 

Festival de la Paille, «à l’année prochaine hein !!». 

Sarah Yarmond