Tu connais peut-être Meg Duffy. Elle a posé sa voix sur certains titres de Weyes Blood et accompagne Kevin Morby à la guitare. Elle s’est lancée dans son projet solo avec Hand Habits, accompagnée d’un bassiste et d’un batteur. 

Je la retrouve au Consortium, centre d’art contemporain dijonnais, à l’occasion d’un concert organisé par Sabotage, au beau milieu de la cour intérieure aux allures de fin du monde, avec son aura bleu et sa lumière déclinante. La scène s’adosse contre les parois en verre du musée. 

Je me faufile dans les sous-sol pour rencontrer Meg. Le chemin s’éclaire à mesure que les notes de pianos s’intensifient. Son bassiste joue du piano. Quelques notes sans suite auxquelles Meg rajoute des vocalises folles et éclectiques. On parle de son rapport à la scène. Je la découvre calme, mais concentrée. 

Puis vient le moment de monter sur scène. Il n’y a plus qu’à fermer les yeux et se laisser emporter par la guitare tantôt lente, tantôt incisive qui me rappelle la douceur et la dynamique de Neil Young sur l’album «Here Comes a Time». Les mélodies et le rythme s’inscrivent dans la lignée de Cigarettes After Sex ou encore Beach House. Envoûtant. 

Le concert est uniforme, mais pas monotone : il n’y a pas de morceaux qui font sauter les foules, pas de slow qui apportent du calme, mais un enchaînement de chansons cohérentes qui permet de se délecter de ce voyage sonore, telle une barque flottant sur un lac sans embûche. Calme et volupté. 

Meg prend le temps de s’adresser à la foule, malgré une apparente timidité. « Vous passez un bon été ? Vous n’avez pas l’air. Vous avez l’air sérieux. J’aime bien. Je pense que c’est propre au concert en plein jour. Les gens ne sont pas saouls». 

La pureté et justesse des chansons de Hand Habits transcrivent finalement le caractère et l’attitude de Meg. Modeste, humble, précise et sobre, se délectant des sentiments les plus purs. Les gens qui écoutent, qui s’embrassent. Et c’est finalement ce qu’on retiendra de ce concert : une justesse envoutante, belle et simple. 

Sarah Yarmond