J’ai retrouvé Nastasia, Théo et Valentin lors de leur passage au festival du Chien à Plumes. Oui, retrouvé, et non pas rencontré malgré le fait que je les voyais pour la première fois. Mais c’est l’impression qui a subsisté toute l’après-midi avec eux : avoir retrouvé des bons copains.

Dès les balances, je prends conscience du répertoire vocal de Nastasia, la chanteuse. Elle s’échauffe sur des classiques de Disney : Cendrillon et le Livre de la Jungle n’ont jamais connu si belle interprétation. Nastasia a une voix fabuleuse, et elle en fait ce qu’elle souhaite : de l’opéra au garage rock. 

Les mélodies lui appartiennent. 

L’arrivée sur scène annonce la couleur du show : une énergie sautillante, fédératrice et généreuse. Ils ont des tenues déjantées, punk. 

La connexion entre les trois membres du groupe se fait instantanément. Le quatrième protagoniste du concert s’éveille alors : la foule les suit, et c’est là le moment préféré de Valentin.
Ils ont un véritable jeu de scène : pas de mouvements de danse particuliers ni de dialogues préconçus, mais une chorégraphie des expressions du visage que je ne connais à personne. Ensemble, ils jouent, vivent, ressentent.

Les morceaux rock s’enchaînent et la foule se déchaîne. Bien que Nastasia soit au micro, il semble impossible de déceler un leader en particulier. Chacun a son moment ; même Théo à la batterie ne s’efface pas. 

C’est une pop éclectique, un rock énergique et effervescent. S’ils crient parfois, la musicalité et le chant restent présents et précis. 

Avant la fin du concert, Nastasia s’offre un gros bain de foule. Impertinente, insolente, elle pique la casquette d’un spectateur et danse, chante au milieu de cette foule qui ne résiste pas à l’envie d’immortaliser ce moment. 

La foule est captivée. Leur personnalité scénique a permis de fédérer le public, de tout âge. 

Le public du Chien à Plumes était assez difficile à capter. Surtout fêtard, déjà alcoolisé. Je n’avais jamais vu aussi peu d’entrain pour le concert de Caballero & Jean Jass. Un désintérêt marquant pour les artistes présents sur scène. 

Pourtant, de tout le festival, je n’ai vu à aucun moment la foule aussi déchaînée que devant Thé Vanille.
C’est là le signe d’un groupe à voir et revoir en live.

Sarah Yarmond