Le crash barrière est un lieu magique, quoi qu’il arrive.
Mais il y a des artistes et des chansons qui rendent cet endroit incontournable.

Le crash barrière : (littéralement) glissière de sécurité – l’endroit qui se situe entre la scène et le public peuplé de security man

 

 

Lomepal est de ces artistes qui embellissent l’oeil du photographe.
En 2 ans, j’ai photographié Lomepal cinq fois. Et le choc à eu lieu la seconde fois.
Revenons à l’origine de mon amour.
Juin 2018. Lomepal était programmé au Free Music. A ce moment là, je ne savais pas. Je ne connaissais pas. Mais mes potes, eux, oui. Au camping, entre les tentes, ils se languissait du live de l’homme pâle. C’était ma première année en tant que photographe de concert, j’avais donc l’envie de tout capturer. Je me suis donc perdue dans le crash barrière, lors des trois premiers titres. Je l’ai découvert en crash barrière. Je l’ai beaucoup regardé, j’ai beaucoup écouté, j’ai pas beaucoup shooté (CQFD). J’étais subjuguée. Lui, immense, sautant partout, distillant un rap déjà iconique.

Un rap franc et tranchant. A ce moment là, je ne savais toujours pas.

L’été est passé et je l’ai retrouvé à Nice. Au Crossover. Août 2018. J’étais gonflé à bloc ce soir là, j’avais eu un all accès pour shooter Angèle et j’étais heureuse de retrouver Lomepal. (J’avais passée l’été à l’écouter) Je savais que j’allais être plus attentive et concentrée. J’étais seule avec mon appareil photo.
Le crash barrière au Crossover était très petit avec peu d’amplitude. Autant être sur scène. J’étais fébrile. Toujours les trois premiers titres. Il faut comprendre quelque chose. Il est assez rare d’entendre les chansons arriver en crash barrière. Le cerveau est concentré sur l’oeil. Le son arrive à vos oreilles, mais trois chansons ça passe très vite et s’octroyer une minute pour profiter c’est sain. J’étais dans ma minute émerveillement. A ce moment là, j’ai compris. Les premières notes de Lucy entreraient en collision avec mon cerveau.

J’ai fini ma minute, j’ai attrapé mon boitier, et j’ai observé. L’oeil dans le viseur. C’est pour moi la meilleure façon de photographier ça l’oeil n’est pas parasité par ce qui l’entoure. Plus les notes avancent, puis Lomepal se transforme, il danse avec Lucy. Les bras se lèvent, le corps se désarticule, et son visage change. Ses traits deviennent creusés. Lucy s’imprègne de lui et il délivre une attitude hautement photogénique. Cette chanson est incroyable, tant par sa construction, son rythme et son évolution, la tonalité, la puissance de la voix de Lomepal. Il y a ce moment où il lache son micro sans fil et se positionne devant un micro posé sur la scène, un micro stable et à c’est à cet instant là, que l’effervescence de cette chanson se réveille.

Lomepal entonne « baise le sy-sy-système, t’aime pas trop, le 666 mais le 666 t’aime » et c’est la claque. Jusqu’à la dernière braise. En live, il découpe ce moment en deux temps. Encensé comme une sentence, le système s’empare de nous et l’envolée grave dans la voix de Lomepal s’apparente à une propal avec le diable.

J’ai réalisé ce jour-là, une de mes photos préférées de Lomepal. Significative de ce moment qui à grandement aidé à perfectionner mon oeil.

 

A ce moment là, j’étais photographiquement amoureuse.

Depuis, il y a eu 1000 dègres (hautement photographique car Lomepal saute et lance ses pieds en l’air comme personne), et Ma cousin, mais « Lucy » est sur Flip, et « tu touches pas à FLIP c’est un monument ». Elle est aussi écrite par 2Fingz qui ne sont rien d’autres que Doum’s et Népal. J’ose espérer un jour, un live de Lucy avec Doum’s et Népal.

Rien ne remplacera la violence et la franchise de ces 1m14 où Lomepal chante « baise le sy-sy-système, t’aime pas trop, le 666 mais le 666 t’aime »